Début du périple sicilien avec une première journée à cheval entre Calabre et Sicile sous la forme d’une douce mise en train…par bateau pour la traversée du Détroit de Messine et à vélo, pour les 18km entre Reggio di Calabria et Villa San Giovanni et les 20 km entre Messine et Ali Terme. Très vite, dans les prochains jours, en termes de difficultés, nous tomberons de Charybde en Scylla !
La découverte de Isola Bella, du théâtre antique gréco-romain à Taormine et l’appréhension des premières pentes de l’Etna expliquent cette minuscule étape.
Tout sur la tentative d’ascension du volcan et la descente jusqu’à Acireale ici => Etna
Disons le clairement, ce n’est pas le style de journée qu’un voyageur recherche et pourtant c’est une réalité qu’il ne faut pas nier : entre la traversée de Catane, son port, une interminable zone industrielle s’étirant sur une trentaine de kilomètres, la dangerosité très locale de l’intense circulation et la route jonchée de manière massive et permanente de déchets en tous genres, l’arrivée à Syracuse restera négativement gravée dans ma mémoire !
Sur de nombreux sujets, y compris ceux évoqués dans le récit de la veille, nous en sommes donc au point où il faut espérer l’île dans l’île et pour l’instant présent, ce sera celle d’Ortygie, ses temples d’Apollon et d’Athéna, ses fontaines de Diane et Aréthuse, ses ruelles et son jus de grenade, pour qu’en reprenant la route, il soit possible de continuer à chanter « j’aimerais tant (re)voir Syracuse »…
Près de 40 degrés : injouable !
Rebelote avec un soleil fracassant mais il faut avancer, contourner tout le Golfe de Gela et ses nombreuses cultures maraîchères.
La foudre de la beauté a frappé ce coin de l’Univers : vaste et grandiose Vallée des Temples arpentée sous un surpuissant Soleil !
Vent de face, air et paysages de plus en plus secs, je peine dans cette progression vers la pointe ouest de la Sicile.
Au matin, décision est prise de rattraper le retard de la veille et de boucler ce jour la deuxième face du triangle sicilien. Au soir, la mission est accomplie et j’atteins Marsala avec la plus longue étape de mon périple sicilien après 110 km dont les derniers 25 km avec un fort vent de face.
Sous le feu ardent de l’astre du jour, j’ai expié pour finalement sortir de Purgatoire, rejoindre San Vito Lo Capo, franchir les 4 km d’un col côtier, atteindre l’entrée de la réserve naturelle du Zingaro, y lancer une mini excursion et plonger dans les paradisiaques et salvatrices cala de Tonnarella Dell’Uzzo, Dell’Uzo, Marinella, Berretta et Della Disa.
Afin d’éviter un grand détour et de tenter le diable en repassant par Purgatorio (en rouge), je décide d’emprunter une « route interdite à la circulation pour chute de pierres » (en vert) pour contourner le Zingaro (en bleu) où le vélo est prohibé. Une ascension de 10km à 6% de moyenne depuis Castelluzzo pour grimper les 600m de dénivelé en plein cagnard sera forcément récompensée par une belle descente de 7 km jusqu’à la mer, pensais-je !
Que nenni ! À peine la descente entamée, je bondis sur les freins et découvre que cela ne va pas être une partie de plaisir…et je croise les doigts pour ne pas subir de crevaisons car je n’ai rien pour réparer. De surcroît, par expérience, je sais que lorsqu’on s’engage sur ce type de chemin, on ne sait pas trop où cela peut finir…
La mer aura toujours été en vue et j’arrive finalement à bon port : Scopello puis Castellammare !
Le vent d’ouest de face de Pozzallo à Marsala me pousse dorénavant pour parcourir le dernier côté de la Trinacrie. Ce pur plaisir sportif n’atténuera pas mon agacement (et je suis courtois) face à la brutalité, bien qu’anticipée à l’approche de la capitale sicilienne, de la conduite en ces dites terres (les jurons ont volé dans les deux sens), à la persistance voire à l’aggravation de la question de la propreté et à une nouvelle longue zone industrielle à supporter. Je fuierai ce secteur. Bon vent !
Ce n’est pas exactement à Sant’Ambrogio que j’échoue la veille au soir mais dans une paisible auberge d’agritourisme dominant la mer Tyrrhénienne. J’y arriverai rincé après avoir gravi 300m en 2 km. J’ai vérifié : c’était du 30% de pente sur certains tronçons, forcément effectués à pied en poussant le vélo…jusqu’à épuisement !
Au réveil, je retrouve mon nouvel ami, Eole, qui, après une très belle étape côtière, me dépose à portée de vue de ses îles, les bien nommées Eoliennes, avec par ordre d’apparition : Alicudi, Filicudi, Salina, Lipari et Vulcano. Panarea et surtout Stromboli, encore cachées par les précédentes, se dévoileront bientôt.
Au menu de cette 18ème journée, une paisible route à flan de falaise longeant une série de plages volcaniques de sable gris en hors d’oeuvre, un petit col avant de foncer vers Milazzo en plat de résistance…
…et une croisière improvisée vers les îles Eoliennes en dessert avec des escales à Vulcano, Lipari, Salina et Panarea avant d’arriver la nuit tombée à Stromboli.
Depuis le village de Stromboli, excursion de 2,5 heures jusqu’au belvédère à 400m d’altitude d’où l’observation sur la Sciara del Fuoco et l’un des cratères est idéale. Depuis une éruption en 2019 au cours de laquelle un randonneur est mort, il est interdit de dépasser ce seuil. D’ici, pendant des heures, contemplation des explosions, du coucher de Soleil, de la Voie lactée, des étoiles filantes, de la Lune puis retour de nuit à la torche frontale en 1,5 heures pour un total de 7 km : magique !
Le col San Rizzo
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